Vous vous souvenez quand ouvrir une porte dans un jeu vidéo prenait trois secondes, accompagnées d’une animation crispante et d’un grincement sinistre ? C’était les années 90, l’âge d’or du survival horror, où Resident Evil et Alone in the Dark régnaient en maîtres. Alors, quand j’ai lancé Dead of Darkness, développé par Retrofiction Games, j’ai tout de suite retrouvé senti cette vambiance. Ce titre indie puise dans les racines du genre pour offrir une expérience qui oscille entre hommage réussi et modernité subtile.
Une île pas si accueillante
L’histoire commence avec Miles Windham, un détective privé au bout du rouleau, marqué par la perte de sa femme et de sa fille dans un incendie mystérieux. Un jour, une cassette audio arrive par la poste, enregistrée par un certain Charles Graham, habitant de Velvet Island, une île perdue à l’ouest de l’Angleterre. Charles promet des réponses sur cet incendie, et Miles, malgré son instinct, saute dans le premier bateau. À bord, il croise Olivia, une infirmière embauchée par la clinique locale. Dès leur arrivée, l’ambiance tourne au cauchemar : des traces de sang balisesnt leur route, des corps mutilés jonchent le sol, et des créatures monstrueuses rodent. Bienvenue sur Velvet Island, où les secrets occultes et les expériences douteuses d’un hôpital psychiatrique semblent au cœur de l’horreur.

Le scénario, soyons honnêtes, ne casse pas trois pattes à un canard radioactif. Les dialogues manquent parfois de piquant compte tenu des caractères des personnages présents, et eux-même, bien que doublés avec soin, peinent à marquer les esprits. Miles et Olivia, nos deux protagonistes jouables, portent l’histoire, mais leurs interactions restent purement fonctionnelles, bien loin d’un Leon Kennedy ou d’une Jill Valentine. Cela dit, l’intrigue gagne en intérêt au fil du jeu, surtout quand elle s’aventure dans le passé trouble de l’île et les liens entre ses habitants. Sans dévoiler les rebondissements, disons que les révélations sur l’incendie et les expériences menées sur place m’ont tenues en haleine, même si elles flirtent avec des clichés du survival horror.

Si le scénario ne brille pas par son originalité, le gameplay, lui, m’a scotché à la manette. Dead of Darkness s’inspire sans vergogne des classiques, avec une vue du dessus en 2D qui rappelle les demakes 16 bits de jeux cultes. On explore des lieux comme un manoir, un hôpital ou des tunnels souterrains, tous plongés dans une ambiance oppressante. Chaque couloir, chaque pièce sent bon le Resident Evil originel : des portes verrouillées, des clés à trouver, des énigmes à résoudre, et des monstres qui surgissent par les fenêtres quand on s’y attend le moins.

La gestion de l’inventaire, limitée à huit emplacements, force à réfléchir. On se retrouve vite à jongler entre balles, trousses de soin et objets clés, avec des allers-retours vers des coffres de stockage des salles de sauvegarde (non-limitées, ouf !) pour optimiser son équipement.


Les combats, simples mais tendus, demandent de viser en huit directions tout en restant immobile, un clin d’œil direct aux premières heures du survival horror. Les munitions sont rares, et le couteau, bien qu’il dépanne, s’use vite et exige des pierres à aiguiser pour retrouver son efficacité. J’ai souvent hésité entre tirer ou contourner un ennemi, surtout face aux créatures les plus costaudes, capables de vous infliger des effets du saignement ou l’empoisonnement. Ces derniers, combinés à une jauge de santé mentale qui s’épuise sous les coups, ajoutent une couche de stress. Quand cette jauge atteint un seuil critique, attendez-vous à des surprises : contrôles inversés, écran qui se déforme… on n’atteint pas les glitchs d’un Eternal Darkness : Sanity’s Requiem, mais ça fait quand même son petit effet. La première fois que mes contrôles se sont inversés, j’ai d’abord cru à un bug, avant de comprendre que c’était un effet volontaire. Et franchement, ça fonctionne.

Un système de scan, activable via un bouton, met en surbrillance les objets interactifs, ce qui évite de fouiller chaque pixel à l’aveugle. La carte, elle, se colore pour indiquer les pièces explorées (vert) ou celles où il reste des objets (rouge), ainsi que les couleurs des clés pour déverrouiller telle ou telle pièce. C’est un détail, mais il facilite grandement l’exploration sans briser l’immersion. Les énigmes, quant à elles, oscillent entre simplicité (trouver une clé) et réflexions plus poussées, nécessitant parfois de combiner des indices trouvés dans des documents (comme pour l’énigme du piano). J’ai particulièrement aimé celles qui demandent de relier des indices entre eux, même si certaines restent un peu trop évidentes pour les habitués du genre.


Les lieux visités sur Velvet Island ne se contentent pas trop de singer Resident Evil. Si le manoir et l’hôpital rappellent les classiques, des zones comme les tunnels souterrains ou une tour tard sont plus tortueux avec une tension constante. L’atmosphère, renforcée par des effets sonores glaçants et une bande-son discrète mais efficace, m’a parfois fait sursauter, surtout lors des rares jumpscares bien dosés. Visuellement, le jeu brille par ses sprites soignés. Le gore, omniprésent malgré les graphismes en 2D, ajoute une touche crue sans jamais verser dans l’excès gratuit.


Les combats de boss, eux, varient en qualité. Certains, comme une créature massive dans les sous-sols, m’ont donné du fil à retordre, obligeant à gérer munitions et esquives avec précision. Mais d’autres souffrent d’un problème de design : en exploitant des obstacles dans l’arène, on peut souvent tourner en rond et tirer sans grand risque, rendant l’affrontement presque ennuyeux. J’ai aussi noté que certains ennemis standards peuvent être “cheese” avec le couteau derrière un obstacle, ce qui casse un peu le défi. Dommage, car l’IA ennemie, bien que perfectible, sait contourner les obstacles avec une certaine malice.

Dead of Darkness ne réinvente pas le survival horror, mais il n’en a pas l’ambition. Retrofiction Games livre un titre qui capture l’essence des années 90 tout en y injectant juste assez d’éléments modernes pour limiter les frustrations inutiles des jeux de l’époque. Si vous avez grandi avec les premiers Resident Evil ou Alone in the Dark, vous trouverez ici une petite madeleine de Proust, avec ses couloirs étroits, ses clés à dénicher et ses moments de panique quand l’inventaire déborde et que les balles manquent. Mais même sans cette fibre nostalgique, le jeu a de quoi séduire, à condition d’accepter ses petites faiblesses narratives et quelques errances de design.
Dead of Darkness
| Supports | PC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series, Switch |
| Genre | Survival Horror |
| Date de sortie | 02 juillet 2025 |
| Éditeur | eastasiasoft |
| Développeur | Retrofiction Games |
| Multi | Non |

Tirer, fuir ou fouiller, dans Dead of Darkness, vous réfléchirez à deux fois avant de gaspiller une balle.
On a aimé
- Le gameplay, fidèle aux racines du survival horror.
- L’atmosphère oppressante, portée par des visuels 2D soignés et un sound design efficace.
- Le système de santé mentale, qui ajoute une touche originale sans être envahissant.
- Les énigmes, surtout celles basées sur la combinaison d’indices.
- Les améliorations de qualité de vie, comme la carte colorée, qui respectent l’esprit old-school tout en le modernisant.
On a moins aimé
- Une histoire et des personnages qui manquent de profondeur, malgré un bon doublage.
- Certains boss et ennemis trop facilement contournables.
- Des moments de backtracking répétitifs, notamment lors des changements de perspective entre Miles et Olivia, qui alourdissent le rythme.
- Un manque d’interactions avec les PNJ hors cinématiques, ce qui rend l’île un peu trop déserte.
Dead of Darkness
Titiks

En bref
Pour ma part, j’ai dévoré l’aventure en deux sessions, porté par un gameplay addictif et une ambiance qui m’a rappelé pourquoi j’aimais tant le genre. Avec ses 10 à 12 heures de jeu, ses modes de difficulté ajustables et son New Game Plus, il offre une belle durée de vie, surtout pour un titre indie. Si vous cherchez un survival horror qui respecte ses aînés tout en traçant sa propre voie, Dead of Darkness mérite qu’on s’y attarde.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.