J’ai toujours considéré Bubsy comme l’un de ces mascottes du jeu vidéo dont la persistance tenait davantage du miracle que du mérite. Après des années de jeux médiocres, voire franchement ratés, et un passage en 3D resté dans les annales pour les mauvaises raisons, je n’attendais plus grand-chose de lui.

Un cauchemar sur pattes de retour

Pourtant, quand Atari a confié le personnage à Fabraz, le studio derrière Demon Turf et Demon Tides, la curiosité l’a emporté. Le résultat, Bubsy 4D, m’a surpris. Non pas qu’il révolutionne le genre, mais il livre un platformer 3D solide, agréable et parfois même attachant, là où on aurait pu craindre le pire. Non, de manière très surprenante, Bubsy 4D est… sympa.

L’histoire reprend la formule classique : les Woolies volent à nouveau la Toison d’Or et Bubsy se retrouve embarqué dans une nouvelle aventure intergalactique, cette fois avec sa famille et quelques compagnons improbables. Le scénario ne cherche pas la profondeur. Il assume pleinement son côté léger, avec un Bubsy plus posé qu’autrefois, conscient de sa propre réputation et capable de briser le quatrième mur sans tomber dans l’excès.

Les dialogues oscillent entre humour absurde et moments d’une sincérité surprenante. Shawn Chiplock prête sa voix au héros et lui donne une présence bien plus sympathique que dans le passé. Le reste de la distribution, même si inégal, apporte un peu de vie aux interludes entre les niveaux. Seul le grand vilain peine à convaincre avec une direction vocale moins inspirée.

Ce qui porte vraiment le jeu, c’est son gameplay. Bubsy dispose d’un moveset expressif et fluide : saut, double saut, projection, glissade, et surtout cette capacité à se transformer en boule de poils pour rouler à toute vitesse – non on n’ira pas jusqu’à citer Samus Aran. Les mouvements s’enchaînent avec naturel, et le level design très rétro encourage constamment leur utilisation combinée.

Chaque monde apporte son thème visuel distinct – laine, arts et crafts, etc. – et les stages, bien que semi-ouverts, offrent un bon équilibre entre exploration et progression dirigée. On ramasse des pelotes de laine pour les cosmétiques et des parchemins qui débloquent de nouvelles capacités au hub central. Cette boucle de progression incite à revisiter les niveaux pour les maîtriser pleinement, que ce soit pour les speedruns, les défis temporels ou le mode Nine Lives particulièrement exigeant.

Les boss offrent des affrontements variés, souvent rythmés par des phases de poursuite ou de plateforme dynamiques. La bande-son reste entraînante et les environnements colorés dégagent une énergie cartoonesque plaisante propre à Bubsy. Fabraz a clairement mis son savoir-faire au service du personnage, et cela se ressent dans la précision des contrôles la plupart du temps. Oui, même quand la boule va vite, les contrôles sont précis. Même moi j’en reviens pas.

Pourtant, tout n’est pas parfait. Houlà non ! Faut pas pousser quand même, on parle de Bubsy, un jeu qui revient des tréfonds de l’enfer quand même.

Certains niveaux donnent une impression de vide malgré leur taille, comme si l’ambition visuelle n’était pas toujours soutenue par assez de personnalité ou d’idées dans l’agencement. La caméra pose occasionnellement problème (ahah on s’en serait douté), surtout lors des wall jumps ou dans les sections plus étroites. Le bond peut parfois manquer de précision, et la gestion des cooldowns des capacités demande un temps d’adaptation.

Le jeu se termine aussi un peu vite : une quinzaine de niveaux au total, ce qui laisse sur sa faim après la courbe de progression bien pensée. On aurait aimé un monde supplémentaire pour exploiter pleinement tout le potentiel du moveset.

Au final, Bubsy 4D ne vise pas les sommets du genre, mais il constitue une excellente surprise. Fabraz a su redonner une vraie identité platforme à ce personnage que beaucoup avaient enterré.

Bubsy 4D


SupportsPC, PS4, PS5, Xbox One, XBox Series, SW, SW2
GenrePlateforme 3D
Date de sortie22 mai 2026
ÉditeurAtari
DéveloppeurFabraz
MultiNon


  • Mouvement fluide et expressif, parmi les meilleurs du genre cette année.
  • Level design qui récompense l’exploration et la maîtrise.
  • Humour léger et personnages plus attachants qu’attendu.
  • Rejouabilité solide grâce aux collectibles, speedruns et modes défis.
  • Direction artistique colorée et bande-son entraînante.
  • Durée de vie un peu courte pour un platformer 3D moderne.
  • Caméra et précision parfois frustrantes.
  • Niveaux qui manquent parfois de densité et de personnalité.

Bubsy 4D

Titiks

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En bref

Ce n’est pas le nouveau Mario Odyssey, ni même un Demon Tides, mais c’est un jeu honnête, fun et respectueux de son héritage tout en corrigeant une bonne partie de ses anciens défauts. Pour les amateurs de 3D platformers et les curieux de ce retour improbable, il mérite largement qu’on s’y attarde.

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