Titre 198x

Développeurs Hi-Bit Studios

Type Arcade / Narration

Support PC, PS4, Switch

Sortie 20 Juin 2019


Je mentirai en disant que je suis un produit des années 80, néanmoins, pour être né au tout début de cette décennie, j’ai encore des souvenirs assez précis d’impressions et d’ambiances qui ont étés ravivées pas plus tard qu’hier soir sur 198x.

198x, l’école, et au dehors, un monde qu’on ne comprends pas

Born in the ‘80s

Outrun ! Ou la fuite sans fin métaphorique vers la grande ville

Bordel, j’approche des 40 ans tout de même. Et si les séries eighties (Stranger Things en premier) m’ont doucement ramené dans les années 80, le titre de Tobias Bjarneby m’y a propulsé à coups de pied dans le derche, l’espace d’une soirée. A 8 ans, j’habitais dans une banlieue plutôt sympathique, en plein milieu d’une rue commerçante où tout le monde – ou presque – se connaissait. Du vieux couple qui tenait un magasin de jouets aux boulangères en passant par la libraire (qui à ma connaissance est toujours là d’ailleurs). Une période où je pouvais aller jouer avec des copains qui habitaient la même rue, et où je profitais des libertés plus grandes que leur laissaient leurs parents pour aller engouffrer quelques pièces au Snack du bout de la rue, qui avait eu la bonne idée d’installer deux bornes d’Arcade.

On était nuls, bien entendu, mais on pouvait gratter la place de second joueur aux côtés des adolescents qui nous laissaient les rejoindre le soir, pendant qu’ils attendaient leurs mitraillettes (pas l’arme, le pain aux frites et fricadelle, plein de sauce et un peu de légumes… pour l’aspect visuel). Parfois, on se faisait disputer – on était nuls je vous rappelle – mais la plupart du  temps, on s’y amusait bien, et de temps en temps, on avait les bornes à nous tout seul. Que je m’en souvienne, mes parents ne l’ont jamais su – heureusement pour moi d’ailleurs – mais j’ai engouffré tout ce que je pouvais recevoir de pièces de 20 francs (belges) dans des bornes comme celles-là, ou dans les cinémas, bien plus tard (oui, il y avait moyen de jouer à SFII ou Alien Storm avant d’entrer en salle dans le gros complexe cinéma en ville).

Du bon Shmup’ qui envoie de la musique du tonnerre !

Du coup, le protagoniste principal de 198x (nommé “Kid” ici – au faux look de Marty MacFly) qui rêve de sortir un peu de son quartier – qui représente son monde – et découvre les jeux vidéos dans une salle d’Arcade qui effraie ses parents et peuplée de geeks dans les années 80 (autant dire des extra-terrestres rebelles et hors des normes) me renvoie directement à cette époque. Car un peu plus qu’un jeu vidéo, 198x est un jeu sur les joueurs et le sentiment de découverte du jeu vidéo, son aspect inédit, presque transgressif au tournant de l’adolescence. L’impression d’entrer dans un autre monde et d’y confronter son quotidien, de régler ses comptes, voire de franchir des barrières à l’aide d’un stick et progresser vers un âge adulte sans doute différent du modèle de ses parents. Si il y a des parents qui me lisent ici, vous êtes certainement très éloignés du modèle des vôtres, non ?

Les salles d’arcade de l’époque, un refuge pour une génération en décalage avec le monde

Développé par le studio suédois indé Hi-Bit Studios et sorti en juin 2019 sur PC et PS4 et maintenant disponible sur Switch, 198x est un jeu narratif mais entrecoupé de séquences de gameplay, toutes renvoyant à des classiques que nous connaissons tous : Bare Knuckles, Outrun – ou l’échappée grisante vers la métropole – R-Type, Shinobi ou encore un Wizardry métaphorique où il est littéralement nécessaire d’échouer pour progresser et vaincre ses démons, prendre son indépendance et grandir. On reprochera donc principalement à 198x d’être court – environ 1h30 – mais d’être intense. La réalisation graphique – du magnifique Pixel-Art – et la l’excellente bande-son typée 80’s (de Yūzō Koshiro – qui a travaillé sur la BO de Shenmue par exemple, ou Etrian Odyssey) offrent une claque visuelle et auditive qui nous accompagnent tout au long de cette expérience ludique grisante. Le challenge est quelque peu présent (le Shmup’ et le Shinobi-Like m’ont demandés plusieurs essais) mais jamais frustrante, de sorte qu’on soit toujours dans le flow du jeu.

Conclusion

Vendu 10€, 198x est un titre qu’on aurait voulu plus long, mais la bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’une “partie 1” et on se réjouit de voir arriver une suite au moins aussi qualitative de la part de Hi-Bit Studios. Au-delà des 5 expériences de jeu vidéo issues de classiques des années 80, c’est une histoire sur un tournant de la vie d’un adolescent qui se confronte à ses peurs et ses doutes à travers la découverte des salles d’arcade. C’est raconté comme il faut, on prend plaisir de passer d’un titre à l’autre et de varier les mécaniques, mais on ne peut s’empêcher d’être un peu frustré à l’apparition du générique de fin. Mais comme le dit Kid “La partie ne fait que commencer”, n’est-ce pas ? Donc on attend le prochain épisode avec très grande impatience !

Montrer le reste de l'article

A propos de l'auteur Voir les articles

Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

Précédent En février, il y aura Bioshock : The Collection et Les Sims 4 dans le PlayStation Plus
Suivant Nintendo fait les comptes : 52,48 millions de Switch distribuées dans le monde
Close

ARTICLE SUIVANT

Close

Hand of Fate | Test

09/03/2015
Close