Lors du dernier Nintendo Direct, la firme japonaise a dévoilé une annonce qui a surpris même les fans les plus aguerris : le Virtual Boy, console maudite des années 1990, renaît sous forme d’accessoire pour Nintendo Switch et Switch 2. À partir du 17 février 2026, 14 jeux emblématiques de cet ovni vidéoludique rejoindront le service Nintendo Switch Online + Expansion Pack. Mais ce retour s’accompagne d’un prix élevé : un accessoire en plastique à 100 € ou une version en carton à 25 €. WTF, Nintendo !
Le Virtual Boy : une légende mal-aimée
Remontons le temps jusqu’en 1995. Nintendo lance le Virtual Boy, une tentative de plonger les joueurs dans un univers en 3D stéréoscopique. Avec son design futuriste et son interface en forme de lunettes, la console promet une immersion inédite. Mais ses graphismes monochromes rouges et noirs, combinés à une ergonomie inconfortable, provoquent migraines et inconfort. Avec moins de 770 000 unités vendues et seulement 22 jeux publiés, le Virtual Boy s’efface rapidement, devenant le plus grand échec commercial de Nintendo. Pendant des années, la firme évite même d’évoquer cette console dans ses communications officielles, préférant célébrer ses succès comme le Game Boy ou la Wii.

Pourtant, Nintendo assume désormais cet héritage, transformant le Virtual Boy en une expérience rétro pour les abonnés au service Nintendo Switch Online + Expansion Pack, (39,99 € par an). Ce retour illustre la stratégie de Nintendo : capitaliser sur la nostalgie tout en modernisant ses échecs passés, à l’image des jeux Wii U réhabilités sur Switch.
Une résurrection en 3D stéréoscopique
Deux options s’offrent à nous : une réplique en plastique à 100 €, fidèle au design original avec ses pieds de support, ou une version en carton à 25 €, inspirée des kits Labo. Ces lunettes, où l’écran de la Switch remplace les anciens écrans LED, recréent l’effet 3D stéréoscopique qui faisait la singularité du Virtual Boy. Aujourd’hui, avec toutes les options VR, voire la 3DS, ce n’est plus si original. Mais quand même.

À partir du 17 février 2026, Nintendo déploie progressivement seulement 14 jeux sur son service premium. Parmi eux, nous retrouvons des titres phares comme 3D Tetris, Teleroboxer, Red Alarm, et Jack Bros., un jeu rare d’Atlus très prisé des collectionneurs. Certains jeux, comme Insmouse no Yakata ou V-Tetris, n’étaient jamais sortis en Europe, ce qui ravit les amateurs de raretés. Cependant, des absences notables, comme Panic Bomber ou Nester’s Funky Bowling, suscitent déjà des débats. Nintendo mise sur une sortie échelonnée, une stratégie qui maintient l’intérêt des abonnés mais pourrait frustrer ceux attendant un catalogue complet dès le lancement.
Un pari financier
Nintendo fixe le prix de l’accessoire plastique à 100 €, un tarif qui m’a fait sursauter. La version en carton, à 25 €, semble plus accessible, mais elle exige tout de même un abonnement au service premium. Seuls les abonnés Nintendo Switch Online + Expansion Pack pourront acheter ces accessoires via la boutique My Nintendo. Cette exclusivité renforce l’attrait du service, mais elle limite l’accès aux joueurs occasionnels – qui n’intéressent pas Big N ici. Nintendo parie sur la nostalgie et la curiosité des collectionneurs, prêts à investir pour revivre une page oubliée (et pas pour rien) de l’histoire vidéoludique.
Il y a une certaine cohérence. La Switch a déjà redonné vie à des jeux Wii U comme Mario Kart 8 ou The Legend of Zelda : Breath of the Wild, transformant des échecs commerciaux en succès planétaires. Le Virtual Boy pourrait suivre cette voie, mais son prix élevé soulève des questions. Pourquoi payer 100 € pour un accessoire alors que des émulateurs non officiels, bien que moins légaux, proposent déjà ces jeux ? Nintendo vise un public de niche : les passionnés de rétro et les collectionneurs, prêts à s’offrir une réplique soignée pour compléter leur musée personnel. Les fameux adultes nostalgiques avec de l’argent. Mais hé, doucement, Nintendo.

Ressusciter le Virtual Boy, un symbole d’échec, demande du courage. L’effet 3D stéréoscopique, bien que daté, intrigue par son charme désuet. Les jeux comme Wario Land ou Mario’s Tennis restent des pépites rétro, et leur accessibilité via la Switch modernise l’expérience. L’option en carton, abordable, démocratise ce retour, tandis que la réplique plastique séduira les puristes.
Mais il faut être honnête. L’ergonomie des lunettes, même modernisée, pourrait rappeler les inconforts du Virtual Boy original. Les graphismes rouges et noirs, bien que nostalgiques, risquent de fatiguer les yeux, surtout pour de longues sessions. De plus, le catalogue limité à 14 jeux, déployés progressivement, pourrait décevoir ceux qui espéraient une offre plus généreuse. Enfin, le coût élevé de l’accessoire plastique, combiné à l’abonnement requis, freinent la majorité des joueurs à raison.
Une nostalgie à quel prix ?
Nintendo nous invite à replonger dans l’ère du Virtual Boy, un pari aussi audacieux que risqué. Nous admirons la volonté de transformer un échec en expérience, mais le prix élevé et l’ergonomie incertaine soulèvent des doutes. Si vous êtes un passionné de rétro ou un collectionneur, cet accessoire pourrait devenir un trésor (encore que… il n’a de valeur que si vous possédez l’original). Mais pour le joueur moyen, le coût et les limites du catalogue pourraient tempérer l’enthousiasme.