NAtURAL DOCtRINE

  • Développeurs Kadokawa Games
  • Editeur NIS
  • Type TRPG punitif
  • Support PS3, PS4, PSVita
  • Sortie 03/10/2014

Dans le même genre :

  • Valkyria Chronicles
  • Heroquest

Ah, quelle grande année que 1931, vous ne trouvez pas ? Outre le fait que Leonard Nimoy soit né le 26 mars de cette année, James Whale adapta au cinéma le roman de Mary Shelley : Frankenstein. Si une scène reste gravée dans la mémoire collective, c’est bien celle où, à moitié fou, le docteur Frankenstein hurle à plein poumon “It’s Alive !”. Mais une seconde scène a redéfini la vision de la créature dans les yeux du spectateur, c’est le passage où elle rencontre la petite Maria. Celle-ci n’éprouve aucune peur et l’invite à jouer avec elle au bord de la rivière. Touchante, la scène montre la petite fille et la créature prenant plaisir à jeter de jolies fleurs dans l’eau. N’ayant The_Monster_plays_with_little_Mariaplus de fleur en main, et emportée par la joie, elle saisit alors Maria et la jette à l’eau, l’enfant représentant pour elle ce qui se rapproche le plus d’une fleur. La fillette hurle alors qu’elle se noie devant les yeux paniqué de la créature, ne comprenant pas pourquoi elle ne flotte pas comme une fleur. Paniquée et contrôlant mal ses membres, la créature prend la fuite, provoquant l’ire des villageois…

Et bien NAtURAL DOCtRINE, c’est la créature qui vous fait passer de vie à trépas en vous lançant un regard d’incompréhension la plus totale, et vous êtes la fillette, passant l’arme à gauche de façon aussi rapide qu’inattendue.

Vous êtes prévenus.

“Et donc ce truc tout moche est sur PS4 Oo”

NAtURAL DOCtRINE vous emporte dans son monde froid et dur comme la mort, où vos incarnez Geoff, un guerrier qui doit passer sa dernière épreuve avec sa compagne Vasily sous le regard de leur Mentor Zekelinde et de la cliente Anka qui les a engagés pour débarrasser certaines ruines des peaux vertes qui y vivent. La ville fortifiée de Feste étant sous la coupe de dirigeants sectaires et méprisants, les aventuriers doivent se rendre de plus en plus loin pour rechercher les ressources vitales et nécessaires à leur survie, à savoir le Pluton.

Les artworks sont réussis par contre
Les artworks sont réussis par contre

L’aspect narratif n’étant pas extrêmement développé et encore moins mis en scène, j’ai envie de dire “c’est un jeu édité par NIS et développé par Kadokawa” dont c’est le premier titre, les qualités ne sont clairement pas à rechercher du côté des graphismes, ceux-ci datant d’une autre ère vidéoludique. L’avantage, c’est que ça tourne de la même façon sur PS3, PS4 et PSVita. C’est moche partout, donc pas de jaloux !

Ne forcez pas votre chance, il n'y a pas de honte à utiliser le mode Facile
Ne forcez pas votre chance, il n’y a pas de honte à utiliser le mode Facile

Le titre est d’ailleurs Cross-Play et Cross-Save, mais pas Cross-Buy (pour le coup, j’aurais cru…). A y regarder de plus près, NAtURAL DOCtRINE emprunte son aspect graphique et beaucoup de ses mécaniques aux jeux de plateau comme Heroquest, ou plus récemment Descent, des jeux d’exploration de donjons, de combats au tour par tour et de déplacements par case. C’est peut-être une impression, mais même les personnages et monstres possèdent cet aspect “figurine peinte” de façon mate, renforçant cette impression…

A la différence près que NAtURAL DOCtRINE ne va pas vous laisser le droit à l’erreur. Apprêtez-vous à mourir, même si la prudence, la stratégie et le jugement vous éviteront souvent ces écueils.

Bref, donc c’est moche oui, mais est-ce si difficile que ça ?

Et bien oui et non.

Tactical (hardcore) Dungeon J-RPG

Car oui, le jeu est difficile, mais contrairement à un Dark/Demon Souls, je n’ai pas trouvé le titre particulièrement injuste. Dieu sait que je suis mort souvent, mais la majorité du temps, c’était clairement dû à des failles stratégiques dans ma façon de jouer. Je dis “la plupart du temps”, car bien entendu, NAtURAL DOCtRINE vous réserve quelques pièges et surprises aptes à vous dégommer si d’aventure vous n’étiez pas assez prudents…

En fait, il s’agit même de défaite cuisante, voire de terraformation de joueur tant la mort – si elle n’est pas vraiment sanctionnée – intervient de façon brutale et vous renvoie à votre sauvegarde précédente. En effet, il suffit qu’un seul personnage de votre équipe ravale son bulletin de naissance pour que la partie se termine. Le jeu a un semblant de pitié cependant en attribuant un checkpoint dans les donjons, à partir duquel vous pourrez reprendre en cas de défaite ou quitter le donjon, mais guère plus. Les ennemis sont nombreux, les pièges, mortels et la fuite parfois nécessaire. Autre conseil : ce n’est pas parce qu’une porte se tient devant vous qu’il convient nécessairement de l’ouvrir. Vous ne savez pas forcément ce qui se cache derrière, ni si vous avez le niveau pour affronter les horreurs qui s’y terrent. Mais ce genre de découvertes se font souvent dans la douleur et croyez-moi, on apprend vite à craindre le plus petit mécanisme ou la moindre porte fermée…

Coucou toi, la dernière fois qu'on s'est vu, tu m'as fracassé le crâne en un coup... on retente ?
Coucou toi, la dernière fois qu’on s’est vu, tu m’as fracassé le crâne en un coup… on retente ?

Les images diffusées depuis plusieurs mois faisaient montre d’un gameplay très complexe et de batailles d’un aspect brouillon. Heureusement, si l’aspect visuel est épuré, il en va de même pour le gameplay, qui se base principalement sur votre gestion d’équipe pour asseoir ses mécaniques.

Les différents protagonistes ont des traits spécifiques qui leur attribuent des rôles précis dans l’équipe. Geoff et Vasily portent tous les deux une épée et un bouclier, faisant d’eux les plus à même d’aller en première ligne et parer plus facilement les attaques – souvent nombreuses via le Link Chain – des ennemis grâce à des compétences de défense spécifiques. D’autres personnages sont équipés d’épées à deux mains ou de fusils, les rendant extrêmement vulnérables et en faisant des cibles de choix. En contrepartie, ils disposent d’une plus longue portée ou d’attaques plus puissantes, mais restent à protéger quoi qu’il en coûte. L’IA Particulièrement aiguisée attaquera toujours de la façon la plus brutale, pouvant tuer un personnage en un seul tour si vous avez mal placé vos personnages ou anticipé leurs actions.

Certains murs sont destructibles à l'aide de bombes.
Certains murs sont destructibles à l’aide de bombes.

Les donjons sont constitués de cases de déplacement à l’image d’un jeu de plateau, et chaque personnage peut se déplacer de deux cases à la fois, sauf si la case visée est occupée par un ennemi ou par quatre personnages alliés. Si les guerriers sont à placer en priorité en première ligne, ils sont des cibles faciles pour les ennemis disposant d’attaques à distance. Les placer derrière des alliés en position de défense leur assurera une meilleure protection, tout comme briser la ligne de vue des ennemis à l’aide des éléments du décors (colonne, escalier, …). De cette  manière, les personnages armés de fusils pourront viser les ennemis plus éloignés à couvert d’un bouclier, mais leurs actions seront nulles si un mur ou une colonne se dresse entre le tireur et sa cible. Les éléments comme les bombes (que les gobelins semblent apprécier, vous voilà prévenus) touchent tous les personnages présents sur une case, mais sont utilisables une seule fois par tour dans une case adjacente, et la magie frappe de loin et ne peut pas être bloquée par les boucliers.

Pour aider au bon positionnement, trois vues sont possibles, dont une derrière l’épaule du personnage, permettant de voir ce qu’il voit et donc de s’assurer de son bon placement.

Concernant les attaques au corps à corps, ennemis comme héros disposent d’une seule action par tour, parmi un choix assez varié et dépendant des choix de compétences du joueur. Après avoir visé un ennemi, on choisit parmi les attaques possibles du personnage, qui frappera entre une et quatre fois, suivant les caractéristiques de l’attaque. A la manière d’un jeu de rôle papier, le protagoniste visé subira aléatoirement l’attaque, l’évitera ou la parera sans subir de dommage, en plus de disposer d’une contre-attaque possible (elle-même soumise aux mêmes règles de jet de dés).

Link

Non, il ne s’agit pas du lutin vert de Nintendo, mais d’un aspect crucial du gameplay qui vous pourrira la vie autant qu’elle vous sauvera la mise.

L’ordre d’action des héros et des ennemis est visible en haut de l’écran, mais il est possible de le modifier en créant un Link Chain, un enchaînement d’action entre les personnages. Ainsi, si Geoff se positionne en garde devant les ennemis, l’action est donnée au héros suivant. Si il passe son tour, l’ordre redevient celui de départ, mais s’il enchaîne une action (frapper, tirer, se mettre en garde…), une nouvelle action sera ainsi disponible pour le héros suivant directement, même si son tour arrive normalement plus tard et ainsi de suite. Il est donc possible de causer d’énormes dommages aux ennemis en un seul tour, mais ce qui est valable pour les héros l’est aussi pour les ennemis, qui ne se priveront pas d’enchaîner les Link Chains pour vous faire le plus de mal possible.

Un Link Chain ennemi réussi... vous allez morfler.
Un Link Chain ennemi réussi… vous allez morfler.

Le positionnement est également important. Une attaque liée entre deux personnages gagne un bonus plus important si les héros attaquant en même temps sont éloignés les uns des autres dans la même case et ce même s’ils ne visent pas les mêmes ennemis.

Personnalisation

Ne laissez aucun coffre derrière vous, il n'y a aucune boutique dans le jeu. Mais gare aux pièges.
Ne laissez aucun coffre derrière vous, il n’y a aucune boutique dans le jeu. Mais gare aux pièges.

Si vos héros garderont la même apparence tout le long du jeu, il n’en est pas de même pour leurs équipements et leurs compétences. Les niveaux montant assez vite et la possibilité étant donnée à certains moment de quitter les donjons en cours (ce qui aura pour effet de les réinitialiser), on peut se permettre de s’entraîner un peu et de récupérer quelques pièces d’équipement dans les coffres rencontrés. Une fois sur la carte du monde, vous aurez la possibilité d’aller distribuer les points acquis dans un arbre de compétences où vous activerez des cases de gauche à droite, mais également de haut en bas. Vous pourrez ainsi spécialiser les différents protagonistes en leur attribuant d’avantage de vie, de tours d’action, des attaques plus puissantes, la possibilité d’utiliser plus de potions ou des antidotes en combat, d’encourager les alliés avec des bonus divers ou encore de pouvoir équiper un autre type d’armes. Par exemple, le héros principal est capable de s’équiper également d’un fusil et de passer d’une arme à l’autre à l’envie dans les donjons sans que cela ne lui coûte de tour, la tireuse Anka peut se spécialiser en soutien en pouvant utiliser 3 potions au lieu d’une seule et Vasily peut éventuellement se spécialiser dans la garde améliorée ou la déstabilisation des ennemis équipés de boucliers. Ces points sont librement ré-attribuables, le jeu nous permettant d’essayer plusieurs configurations pour trouver celles qui nous conviennent le mieux.

De même, les quelques équipements récupérés dans les coffres des donjons peuvent être équipés entre deux sorties pour améliorer nos statistiques. Ils ont leurs propres caractéristiques, comme le nombre de coups portés dans un seul tour.

On vous laisse avec une longue vidéo Live du cinquième donjon du jeu, parce que la mort nous va si bien…

Coooonclusion. Je dis non! Mais un Avis, je dis OUI!

Alors que penser de NAtURAL DOCtRINE ? Kadokawa Games nous offre donc un tout premier titre voulant égaler des productions comme Dark Souls en terme de difficulté et en reprenant de nombreux aspects du jeu de plateau, voire même des mécaniques du Tactical Valkyria Chronicles. Si l’aspect graphique est réellement austère et ne semble pas mériter de tourner sur nos machines, les mécaniques de jeu sont réellement efficaces et forcent les joueurs à utiliser leur tête sous peine d’être tout simplement balayé d’une traite. Un tutoriel en deux parties et facultatif permet d’appréhender ses mécanismes de gameplay et nous laisse libre d’appliquer nos stratégies par la suite. Les pièges sont nombreux, tous les monstres ne sont pas forcément à notre portée lors de nos premières rencontres et il faut s’attendre à essuyer nombre de défaites avant de pouvoir terminer un donjon. La confiance excessive mène toujours à un écran de Game Over frustrant, mais il est possible de dompter le jeu en réfléchissant posément aux situations, en personnalisant nos personnages correctement et surtout en ne fonçant pas dans le tas.

Natural-Doctrine-TCG-pxlbbqDu coup, il ne fallait pas s’attendre à un jeu tout public qui n’a décidément pas grand chose pour charmer les foules : entre son habillage digne d’une PSP en petite forme et son histoire tenant sur un timbre poste, il ne reste guère que son système de jeu pour sauver les meubles. Heureusement, cet aspect là est réussi d’autant qu’un mode multijoueurs – impossible à tester faute de joueur avant sa sortie officielle – est disponible et se présente comme un jeu de carte permettant d’incarner un peu tout le bestiaire du jeu en coopération ou en affrontement direct, promettant de beaux combats de stratèges.

Y’a bon!

  • De la vraie stratégie
  • Un système de jeu complet
  • Du challenge
  • La personnalisation des compétences
  • Cross-Play / Cross-Save
  • Le multijoueur

Beuargh!

  • Réalisation graphique plus qu’austère
  • Scénario ? Quel scénario ?
  • Le jet de dé pour définir la réussite ou non des attaques, c’est parfois frustrant
  • Le farming longuet

L’info en +

Henry Frankenstein, un jeune savant, veut créer artificiellement la vie. Il façonne un corps humain à partir de morceaux de cadavres. Mais au lieu de lui procurer un cerveau sain, son assistant, Fritz, lui fournit celui d’un assassin.

Considéré à l’époque comme un film d’horreur, Frankenstein est d’avantage vu comme le drame d’une créature sans nom, rejetée par son créateur, à la recherche d’une identité et en proie à la folie des hommes qui ne voient en lui que son apparence monstrueuse.

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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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