Le Grinch qui sauve Noël. Voilà un renversement de situation qui ferait presque sourire un vieux cynique comme moi. Sorti le 18 septembre (mais pourquoi pas en décembre ?), ce second jeu développé par Casual Brothers et édité par Outright Games laisse de côté le vol de cadeaux. Le cœur du personnage a triplé de volume, et il veut prouver aux habitants qu’il a changé. Pour ça, il doit bâtir et décorer le plus gros sapin de l’histoire de la ville. Chaque niveau livre son lot d’ornements à récupérer. Simple. Presque trop ? Pas vraiment.

Un scénario inédit, une voix qui fait le job

Le premier jeu adaptait le récit original du livre. Celui-ci raconte une histoire inventée, nourrie par l’univers des ouvrages sans en suivre un seul à la lettre. Elle n’égale pas la première, mais elle tient la route, et je ne vous en dirai pas plus : mieux vaut la découvrir soi-même. Elle est simple, bien sûr (très sucrée, même) mais peu importe. Pour un conte de Noël, ça fonctionne, avec des dialogues faciles à suivre et une chaleur qui colle à l’ambiance.

Reste la vraie réussite : le narrateur est de retour. Sa voix rimée pose le décor depuis le sommet du mont Crumpit, et c’est elle qui donne au jeu son parfum de livre illustré. Dans le hub de Whoville, vous pouvez relire à tout moment l’album de cette aventure et celui du premier jeu. Choix étrange, d’ailleurs : l’histoire est lisible dès le départ, donc spoilable si l’on est impatient.

Le gros changement tient en deux mots : fini la 2D. Le premier épisode lorgnait vers la 2,5D, et il s’éparpillait entre des séquences d’infiltration et des passages en véhicule qui répondaient mal. Ici, rien de tout ça. Aucune infiltration, aucun boss, aucune vie à gérer. C’est un platformer 3D de collecte à patoune (comme dirait JDG), rien d’autre, et il assume.

Vingt-trois niveaux, répartis en quatre mondes. On démarre dans la grotte du Grinch, entre stalactites qui tombent et pentes glissantes, puis on grimpe le mont Crumpit en esquivant d’énormes boules de neige. La forêt suit, avec ses arbres géants et ses champignons bondissants, avant d’arriver à Whoville et au final. Chaque zone a ses propres dangers à gérer pour les enfants.

Le parcours principal, lui, est balisé de flèches. C’est l’élément le moins corsé du jeu, de loin. Les niveaux restent linéaires, mais ils s’ouvrent largement : coins cachés, passages secrets, objets planqués. Là, ça se corse. Les vrais petits défis de plateforme se cachent dans la quête de collectibles, pas dans la progression.

Le Grinch, côté manette

Le kit de base est simple : saut, saut maintenu façon Yoshi pour gagner quelques mètres, coup de canne à sucre, écrasement au sol. On peut aussi rebondir sur les ennemis ou les assommer à la canne. Ours polaires, chauves-souris, souris, petits bonshommes en pain d’épice, oiseaux volants : ils sont là, mais la menace est très légère. Le Grinch n’a pas de barre de vie, et tomber dans un trou vous renvoie au dernier checkpoint, qui n’est jamais loin.

Les gadgets, eux, tiennent la route. Patins pour foncer sur la glace, jetpack pour planer, sac à dos qui lance des boules de neige (pratique pour geler les ennemis et activer des interrupteurs). On ne les accumule pas : chacun est donné pour un niveau précis, qui a été dessiné autour. Et c’est là que la conception est sympa. Dès qu’un gadget est en main, le level design prend du relief, nettement plus que lorsque le Grinch court tout nu.

Max, le chien qui fait de la figuration (ou presque)

Un second joueur peut incarner Max, le chien du Grinch. En solo, Max reste là quand même : on l’envoie se glisser dans les passages trop étroits pour le Grinch, ou déterrer des trésors si l’on repère les zones à creuser. Utile, sans plus. Je ne vois pas bien ce que le co-op ajoute, sinon un rôle accessible pour un petit joueur : Max est pensé pour que les plus jeunes participent sans plomber la partie, pendant qu’un aîné s’occupe du Grinch. Le jeu cible clairement les familles, et dans ce cadre, c’est un vrai plus. Mais honnêtement, comme la caméra reste braquée sur le Grinch, l’intérêt de jouer Max est très très limité.

Je n’ai pas bouclé le jeu moi-même (mais ma fille oui) : j’en suis à dix niveaux sur vingt-trois, soit environ deux heures de jeu. Mais j’ai eu largement le temps de sentir où il va. Il y a 260 petits objets et 245 décorations à dénicher pour viser les 100 %, et ces dernières, qu’on rapporte à la fin de chaque niveau, garnissent le grand sapin du hub. Plus on en ramasse, plus on peut décorer la place, en discutant avec Cindy Lou (le choix reste limité, cinq options, ça ne fait pas rêver).

Visuellement, c’est charmant et coloré, dans un esprit un peu fantaisiste. Mais derrière la bonne humeur, ça reste basique : textures moyennes, aucun effet marquant. Côté son, c’est festif, mais la bande-son tourne en boucle sur deux ou trois morceaux presque tout le long. Ça finit par lasser. Et puis il y a l’absence de bouton de course ou de roulade. Le Grinch file à sa vitesse maximale, et c’est tout.

Quant à la caméra, elle suit sans broncher dans les grands espaces. Seuls les passages en 2,5D, sortes de clins d’œil à l’ancien jeu, déroutent un peu à la transition. Rien de grave. Les caisses, elles, ne donnent rien quand on les détruit, mais j’adore tout casser (je suis le Grinch, après tout). Certaines ressemblent d’ailleurs à des caisses TNT de Crash Bandicoot, avec compte à rebours et tout.

Le Grinch 2 À la rescousse de Noël


SupportsPC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, SW, SW2
GenrePlatformer
Date de sortie18 septembre 2026
ÉditeurOutright Games
DéveloppeurCasual Brothers
MultiOui


  • Un platformer 3D de collecte sans fausse note, qui évite les errements du premier épisode
  • Des gadgets (patins, jetpack, boules de neige) qui renouvellent chaque niveau
  • Le narrateur rimé, toujours aussi charmant
  • Un co-op accessible aux plus jeunes avec Max
  • Un 100 % exigeant, qui récompense l’exploration
  • Aucun bug, caméra efficace
  • Une bande-son trop répétitive
  • Des textures basiques
  • Pas de course ni de roulade
  • Peu d’options de personnalisation en échange des collectibles
  • Un scénario fin comme du papier cadeau

Le Grinch 2 À la rescousse de Noël

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Le jeu ne réinvente rien et ne cherche pas à le faire. C’est un platformer propre, sans bug rencontré, sans souci de caméra, qui fait ce qu’on attend d’un jeu Grinch : de la bonne humeur, du Noël, de la collecte. Si vous avez des enfants, ou si le personnage vous plaît, foncez. Reste la question du prix. À 30 euros (parfois 40 selon les boutiques), il arrive dans une période de sorties chargée. Je ne serais pas surpris de le voir en promo avant la fin de l’année. Si vous hésitez, patientez un peu, vous ne manquerez rien.

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