J’ai toujours eu un faible pour les agents secrets méthodiques, ceux qui transforment une simple infiltration en véritable ballet de précision. L’Agent 47 m’a souvent offert ce plaisir, même si mes tentatives de semer le chaos ont rarement bien fini. C’est donc avec une certaine impatience que j’ai plongé dans le nouvel opus d’IO Interactive consacré à James Bond.

007 First Light transpose le mythe dans un jeu d’action-aventure à la troisième personne qui mélange habilement héritage Hitman et séquences cinématographiques dignes des grands films. Le résultat m’a convaincu sur de nombreux points, et je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi… poli, du premier coup.

Premiers pas d’une légende de l’espionnage

L’histoire nous plonge dans les débuts d’un Bond encore jeune, loin de l’icône infaillible des films. On suit un recrue impulsive, fraîchement repérée après une mission SAS désastreuse. Ce prologue nerveux sert à la fois d’introduction et de tutoriel léger avant que le véritable entraînement MI6 ne commence. Patrick Gibson incarne ce Bond arrogant, plein de vitalité et d’humour, avec une cicatrice au visage qui rappelle les romans de Ian Fleming. Autour de lui gravitent des personnages solides : M jouée par Priyanka Chopra, Moneypenny plus active que jamais, Q dans son labo vivant, et Greenway, le mentor bourru incarné par Lenny James.

La narration avance avec rythme, alterne moments d’espionnage et révélations, tout en intégrant des éléments modernes comme une IA qui menace de rendre les agents de terrain obsolètes. On se rapproche pas mal d’un film de Mission Impossible, mais soit, c’est l’époque qui veut ça. Comme avec l’agent 47, on voyage beaucoup, du camp d’entraînement à Malte jusqu’à des destinations exotiques comme l’Égypte, le Vietnam, la Slovaquie ou l’Antarctique. Chaque nouvelle localisation apporte son lot de surprises et maintient la tension.

Le jeu réussit à recréer cette sensation de blockbuster. Les séquences d’ouverture avec le générique sur le thème original de Lana Del Rey, composé avec David Arnold, posent immédiatement le ton. Les cutscenes sont soignées, les dialogues vifs et naturels avec un bel accent anglais. On flirte, on taquine, on s’attache à l’équipe. IO Interactive a su donner vie au quartier général MI6 : dans le labo de Q, les employés testent des prototypes qui peuvent exploser, les conversations évoluent selon vos missions précédentes. Cette attention aux détails renforce l’immersion et nous fait vraiment sentir dans la peau d’un agent en devenir.

Sur le plan du gameplay, 007 First Light propose un savant équilibre. Sans proposer une ouverture aussi forte qu’un World of Assassination, les niveaux ouverts ou semi-ouverts invitent à l’exploration et à la créativité malgré la linéarité. On peut convaincre des gardes, voler des invitations, passer par des entrées dérobées ou improviser avec l’environnement. Les gadgets arrivent progressivement : téléphone à fléchettes pour distraire ou voler, outils électriques, bombes fumigènes voire montre laser ou stylo redoutable. Ils complètent une approche discrète ou plus directe.

Le combat au corps-à-corps se révèle particulièrement satisfaisant, fluide et physique. On enchaîne coups de coude, projections contre les murs et utilisations du décor avec une agressivité propre à ce jeune Bond encore en rodage. Le gunplay offre un bon feeling, avec des possibilités comme viser les jambes ou désarmer un adversaire. Les séquences d’action spectaculaires – poursuites en voiture, avion en perdition, gala bondé – rappellent parfois un Uncharted tout en conservant une identité propre.

Le mode Tactical Ops, accessible via le labo Q, étend considérablement la durée de vie. On retourne sur des lieux déjà visités pour relever des défis spécifiques : objectifs chronométrés, classements en ligne. Cela permet d’expérimenter différentes approches et de débloquer cosmétiques ou améliorations. La campagne principale m’a pris une quinzaine d’heures, mais avec ce mode, on dépasse largement les vingt heures sans forcer.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Certains contrôles demandent un temps d’adaptation, la caméra peut se montrer capricieuse en combat rapproché avec des décors chargés, et l’IA ennemie manque parfois de cohérence (voire est aveugle à ce qui se passe 20m plus loin). Les QTE m’ont paru datés, et les premiers niveaux, plus axés sur l’infiltration pure, peuvent sembler répétitifs avant que les gadgets et les capacités ne s’étoffent. Quelques bugs mineurs apparaissent, même si rien qui n’ait gâché mon expérience globale.ste globalement solide sur du matériel récent.

Malgré ces réserves, 007 First Light pose des bases solides pour une nouvelle franchise. IO Interactive a su éviter le simple reskin de Hitman tout en exploitant son expertise. Le jeu capture l’essence Bond – élégance, improvisation, danger glamour – et la rend interactive de manière convaincante.

007 First Light


SupportsPC, PS5, Xbox Series, SW2
GenreAction / Infiltration
Date de sortie27 mai 2026
ÉditeurIO Interactive
DéveloppeurIO Interactive
MultiNon


  • Narration cinématographique réussie et personnages attachants.
  • Gameplay varié qui récompense la créativité et l’exploration.
  • Combat corps-à-corps physique et plaisant.
  • Production visuelle et sonore de haut niveau, avec de superbes set pieces.
  • Mode Tactical Ops qui prolonge le plaisir.
  • Courbe d’apprentissage un peu raide et caméra parfois gênante.
  • IA inégale et QTE superflus.
  • Premiers niveaux un peu répétitifs avant l’arrivée des gadgets.

007 First Light

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous appréciez les aventures narratives riches en action et en espionnage, nous devrions tous y trouver notre compte. Cette première lumière annonce peut-être une longue série d’opérations à haut risque.

4.5
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