J’ai terminé Pragmata il y a quelques jours, après une petite dizaine d’heures pour l’histoire principale et quelques heures supplémentaires pour gratter les contenus annexes. Comme beaucoup, j’abordais ce nouveau jeu de Capcom avec une certaine prudence. Une nouvelle licence ambitieuse, un développement long et chaotique, des reports répétés… tout cela pouvait laisser craindre le pire.
Petite Diana
Pourtant, une fois le pad en main, j’ai vite compris que le studio avait réussi à créer quelque chose d’assez rare aujourd’hui : un shooter d’action-aventure solo compact, original et porté par une vraie identité. L’espace d’un instant, j’ai revu Vanquish.

L’histoire nous place dans la peau de Hugh Williams, astronaute envoyé sur une station de recherche lunaire après la perte de tout contact. Sur place, il rencontre D-I-0336-7, qu’il rebaptisera Diana, une androïde à l’apparence d’une petite fille créée à partir d’une matière révolutionnaire, la Luna Filament. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui s’est passé et de rentrer sur Terre. Le cadre de science-fiction est bien posé, avec cette idée de ressource (un peu facile) capable de reproduire presque n’importe quoi.

Bonne nouvelle, on sent tout de suite que Capcom voulait éviter les grands discours philosophiques ou politiques sur l’IA pour se concentrer sur une relation humaine, presque intime, entre un homme blessé et une enfant artificielle qui découvre le monde. Merci Capcom de garder les jeux dans leur sphère vidéoludique sans essayer d’en faire autre chose.
La dynamique père-fille fonctionne étonnamment bien. Les interactions dans le refuge, les petits cadeaux terrestres offerts à Diana, les moments de complicité ou de cache-cache apportent une vraie chaleur au jeu. La fin m’a même touché plus que je ne l’aurais cru, ce qui compense largement un scénario globalement sage et vraiment trop linéaire à mon goût.

C’est surtout le gameplay qui porte l’expérience, et c’est sans doute à la fois sa force et sa faiblesse. Pragmata propose un mélange très personnel de tir à la troisième personne et de hacking en temps réel. Hugh tire avec un arsenal qui évolue, tandis que Diana pirate les ennemis via une grille qui apparaît à l’écran. Il faut à la fois viser, esquiver et manœuvrer un curseur sur cette matrice parfois piégée tout en surveillant le champ de bataille. S’en sortir sans hack est peine perdue, puisque celui-ci sert avant tout à ouvrir les défenses ennemies et à dévoiler des points faibles sans lesquels chaque combat serait bien trop pénible et long.

Au début, c’est déstabilisant. Puis on prend le coup de main et chaque combat devient une petite chorégraphie tendue où la moindre seconde compte. Les armes secondaires, les modules de hack consommables indispensables, les nœuds bleus ou jaunes qui modifient les effets… tout cela crée une vraie profondeur stratégique. On peut se concentrer sur le tir pur, transformer le hacking en arme principale ou trouver des combos ravageurs en augmentant nos statistiques au refuge. La variété des ennemis et des boss empêche la lassitude, même si la boucle de base reste assez proche de ce qu’on avait vu dans la démo. Pragmata devient alors un jeu terriblement systémique, ce qui pourrait en sortir plus d’un de l’expérience. C’est qualitatif hein, mais parfois moins instinctif qu’il ne le devrait, puisqu’on sens parfois que les ennemis sont volontairement ralentis pour nous laisser le temps de gérer à la fois les déplacements, les piratages et les tirs.

L’exploration et la plateforme complètent le tableau : les niveaux sont denses, remplis de chemins optionnels et de raccourcis, de collectibles et de zones rouges plus ardues mais avec de belles récompenses. Le refuge central, avec ses upgrades, ses simulations d’entraînement et ses interactions avec Diana, donne une vraie sensation de progression et de personnalisation.

Techniquement, le jeu est vraiment très propre, et ça m’a beaucoup étonné. Capcom maîtrise son moteur. Sur PS5, la fluidité est impeccable, les effets visuels sont nombreux sans jamais faire chuter le framerate, et les environnements, même s’ils restent assez linéaires et à mon goût un peu trop passe-partout, sont soignés. La bande-son fait le job sans marquer les esprits, et la VF française est globalement de qualité, même si la voix de Diana peut parfois agacer par son côté bavard. La durée de vie est raisonnable : une douzaine d’heures pour l’histoire, quinze à vingt si on veut tout explorer, avec un New Game Plus, un mode Lunatic et des défis post-game qui prolongent un peu l’expérience.

Pragmata n’est pas le prochain grand blockbuster de Capcom, et il n’a pas la prétention de l’être. C’est un jeu solo ambitieux, soigné, qui ose proposer une nouvelle licence sans se reposer sur une formule déjà vue. Il ne révolutionne rien, mais il excelle dans ce qu’il fait : un gameplay hybride prenant, une relation de personnages attachante et une aventure compacte qui se termine sans traîner. J4avais besoin de ce type de jeu.
Pragmata
| Supports | PC, PS5, XBox Series, SW2 |
| Genre | TPS |
| Date de sortie | 17 avril 2026 |
| Éditeur | Capcom |
| Développeur | Capcom |
| Multi | Non |

Une nouvelle licence qui arrive aussi propre, c’est assez rare pour être salué !
On a aimé
- Un gameplay hybride tir + piratage vraiment original et addictif, avec une vraie courbe d’apprentissage.
- La relation entre Hugh et Diana, touchante et bien développée.
- Un hub riche en upgrades, défis et interactions qui renforce la sensation de progression.
- Une exploration dense et une rejouabilité correcte grâce aux secrets et au NG+.
- Une technique solide et une durée de vie compacte qui évite la redondance.
On a moins aimé
- Un scénario assez basique et linéaire qui manque d’ambition et de surprise.
- Une certaine répétitivité dans la boucle de gameplay.
- Des environnements qui restent souvent trop couloir et manquent d’originalité visuelle.
- Quelques moments où la difficulté devient frustrante à cause du de la multitude de choses à gérer.
Pragmata
Titiks

En bref
Si vous cherchez une expérience solo moderne, originale et sans prise de tête, Pragmata est une très belle surprise. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment et je serais ravi de revoir Hugh et Diana dans une suite plus ambitieuse.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.