Je me suis glissé dans la peau d’un détective, manette en main, pour plonger dans DETECTIVE: Stella Porta Case, un titre qui m’a attiré par son ambiance sombre et ses promesses d’enquêtes tortueuses. Développé par Jandusoft, un studio basé à Barcelone, ce jeu nous entraîne dans trois affaires de disparitions mystérieuses, toutes liées par une organisation énigmatique nommée Stella Porta.

Une ambiance qui pose le décor

Dès les premières minutes, le jeu m’a happé avec ses environnements. Imaginez un appartement mal éclairé, la pluie battant contre les vitres, les reflets dansant sur le sol mouillé. Les graphismes, sans rivaliser avec les blockbusters, ont du cachet. Les textures des objets, des meubles usés aux rideaux défraîchis, dégagent un soin palpable, surtout dans les deux premiers cas. Shandusoft a misé sur des contrastes de couleurs, des jeux de lumière qui donnent vie aux scènes de crime. Dans une douche, l’eau semble presque réelle, avec des gouttes qui s’accrochent aux parois. Ces détails, en vue à la première personne, m’ont donné l’impression de fouiller un lieu vivant, chargé d’histoires.

Mais tout n’est pas rose. Vers la fin, les visuels perdent de leur éclat. Les textures deviennent moins nettes, et j’ai même repéré des pop-ins gênants, ces éléments qui apparaissent soudainement à l’écran. Sur PS5, c’est décevant, surtout pour un jeu qui repose autant sur l’immersion visuelle. Les scènes finales, bien que toujours bien éclairées, manquent de la finesse des débuts, comme si le budget ou le temps avait manqué pour polir l’ensemble.

Le cœur du jeu, c’est l’enquête. On incarne un détective chargé de résoudre trois disparitions, en alternant entre des scènes de crime (un appartement, une maison isolée) et une salle d’analyse à la comisaría, où l’on trie les indices. Le concept est simple : fouiller, collecter des objets, puis assembler les pièces du puzzle sur un tableau chronologique. Ce tableau, d’ailleurs, est une belle trouvaille. Il permet de visualiser la timeline des événements, de relier les indices pour mieux comprendre l’enchaînement des faits. J’ai aimé griffonner mentalement des théories, essayer de deviner qui a fait quoi, et quand.

Mais là où ça coince, c’est dans l’exécution. Fouiller les lieux ressemble trop souvent à un jeu de cherche et trouve, comme ces livres pour enfants. On clique sur des objets qui clignotent vaguement, sans vraiment réfléchir. Les mécaniques d’investigation manquent de profondeur. J’aurais aimé des déductions plus complexes, des choix qui influencent l’enquête, ou même des interrogatoires. Au lieu de ça, tout se résume à ramasser des indices et les placer au bon endroit. Le commissariat, censée être le QG de l’enquêteur, devient vite un passage obligé, presque mécanique. Déposer les preuves y est laborieux, avec une interface confuse qui m’a fait grogner plus d’une fois.

Et puis, il y a la fluidité. Ou plutôt, son absence. Les déplacements sont lents, sans option pour courir, ce qui rend les allers-retours pesants. Les commandes répondent avec un léger décalage, surtout sur PS5, où j’attendais mieux. Ce côté clunky casse le rythme, et dans un jeu où l’on passe son temps à explorer, c’est un vrai faux pas. Jandusoft aurait pu peaufiner ces aspects pour rendre l’expérience plus agréable.

L’histoire, elle, a du potentiel. Les trois affaires, bien que distinctes, s’entrelacent via Stella Porta, une organisation mystérieuse qui plane comme une ombre. Chaque cas a son propre ton : une disparition d’enfants dans un appartement glauque, une autre dans un contexte plus rural. La narration maintient une tension constante, avec cette sensation que quelque chose de sinistre se trame. J’ai aimé ce fil rouge, cette impression d’effleurer un secret plus grand à chaque indice découvert.

Mais le bât blesse sur la durée. L’histoire principale se plie en 2 à 3 heures, ce qui est court, même pour un jeu indé. Les transcriptions mentionnent 25 minutes pour les speedrunners, et si j’ai mis plus longtemps, je comprends pourquoi certains trouvent ça expéditif. Les cas s’enchaînent sans vraiment creuser les personnages ou les motivations. On passe d’une affaire à la suivante, comme dans un feuilleton policier un peu pressé. Les dialogues, corrects mais sans plus, n’aident pas à étoffer l’univers. J’aurais voulu plus de contexte, plus de vie autour des victimes et des suspects.

Cela dit, le jeu compense avec des secrets et des easter eggs. En fouillant bien, on déniche des notes, des objets cachés qui enrichissent le background. Ces trouvailles m’ont poussé à revenir sur certaines scènes, à scruter chaque coin. Si vous aimez traquer les détails, vous trouverez de quoi vous amuser, même après le générique.

La musique mérite une mention. Discrète, mais efficace, elle installe une mélancolie qui colle parfaitement aux enquêtes. Les thèmes, souvent tristes, soulignent la gravité des disparitions, comme un écho aux drames qu’on explore. Dans une scène d’appartement sous la pluie, les notes de piano m’ont donné des frissons, amplifiant l’atmosphère pesante. Ce n’est pas une BO qu’on écoutera en boucle, mais elle fait le job, et bien.

L’interface, elle, est basique. Le HUD reste clair, avec des indications minimales pour ne pas encombrer l’écran. Pas de quoi crier au génie, mais ça fonctionne. Dommage que le jeu manque de guidage. Sans tutoriel clair, j’ai parfois tâtonné pour comprendre comment avancer, surtout dans la Comissariat. Un peu plus de clarté n’aurait pas fait de mal.

DETECTIVE: Stella Porta Case n’est certes pas un chef-d’œuvre, mais il a du charme. Ses visuels atmosphériques et son fil narratif, malgré leur brièveté, m’ont tenu en haleine. On sent l’amour de Jandusoft pour leur projet, mais les mécaniques simplistes et les soucis techniques freinent l’élan.

Detective Stella Porta


SupportsPC, PS4, PS5, XBox Series, Switch
GenreAventure
Date de sortie21 Décembre 2023
ÉditeurJandusoft
DéveloppeurJandusoft
MultiNon


  • Les environnements, avec leurs jeux de lumière et leurs textures soignées, posent une ambiance réussie.
  • Le tableau chronologique est une idée maligne, et les secrets cachés ajoutent du piquant.
  • Le gameplay, trop simpliste, manque de profondeur.
  • Les déplacements lents et les commandes peu réactives frustrent.
  • La durée, trop courte, laisse sur sa faim

Detective Stella Porta

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous aimez les polars interactifs et que les imperfections ne vous rebutent pas, donnez-lui une chance. Pour ma part, j’espère une suite ou un patch pour polir ce diamant brut. On croise les doigts pour que les développeurs affinent la formule.

3.5
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