Je ne vais pas vous mentir : quand j’ai entendu parler de Shadow Labyrinth, un Metroidvania sombre où Pac-Man troque son appétit légendaire pour une épée et une ambiance de science-fiction post-apocalyptique, ça m’a rendu perplexe. Pac-Man, le glouton jaune des arcades, rond comme un ballon et plus jaune qu’un citron, dans un Metroidvania ?

Un Pac-Man méconnaissable, et pourtant si familier

L’histoire commence sans doute sur Terre, où vous incarnez un gamin jouant à une console portable se retrouve propulsé dans le corps d’un mystérieux épéiste, baptisé Numéro 8. À vos côtés, une sphère flottante nommée Puck – un clin d’œil au nom original de Pac-Man au Japon – agit comme guide, mais avec une attitude bien loin du glouton jovial qu’on connaît. Puck est direct, parfois cassant, et semble en savoir bien plus qu’il ne le laisse entendre. Ensemble, vous arpentez un monde ravagé par des conflits technologiques, où des vestiges de guerres oubliées et des mystères ésotériques se dévoilent peu à peu. Pas d’exposition lourde ici : l’histoire se distille à travers des dialogues et des notes éparpillées, nous laissant assembler les pièces du puzzle.

Ce qui est très étrange au départ, c’est l’atmosphère oppressante dès les premières minutes. Puck balance des termes abscons comme si on était censés déjà tout comprendre, et l’absence d’explications claires crée une certaine tension. On sent que quelque chose cloche, que ce monde cache des secrets bien plus sombres que ce que Puck veut bien nous dire. Et pourtant, cette retenue narrative fonctionne. Les révélations arrivent à point nommé, et même si certains détails passent par des documents textuels un peu trop statiques, l’intrigue reste suffisamment resserrée pour ne pas nous perdre, même sans connaître l’univers Bandai Namco, qui relie des jeux comme Dig Dug ou Galaxian. Si vous aimez fouiller pour comprendre, vous serez servis ; sinon, l’histoire reste accessible grâce à son casting restreint et son ambiance prenante.

Côté gameplay, Shadow Labyrinth s’inscrit dans la pure tradition des Metroidvanias. On explore une carte vaste et interconnectée, où chaque nouvelle zone demande de débloquer des compétences pour progresser. Au départ, Numéro 8 se contente d’une épée avec un combo basique à trois coups, d’une esquive gourmande en endurance (ici appelée SP), et d’une attaque paralysante un peu lente. Les premiers combats m’ont semblé mous, presque trop simples, avec des ennemis qui ne demandent qu’à être hachés menu. Mais au fil des heures, le jeu dévoile son vrai visage : un arsenal qui s’étoffe avec un dash aérien, une parade, un grappin, et même une transformation en mécha, qui vous transforme en machine de guerre temporaire, capable de déchiqueter tout sur son passage.

Ce qui fait la force du jeu, c’est sa boucle de gameplay. Chaque zone est un labyrinthe de plateformes, d’ennemis et de dangers environnementaux, comme des vents violents ou des pièges qui vous forcent à réfléchir avant d’agir. Les combats demandent de lire les patterns des adversaires, d’anticiper leurs attaques, et de gérer votre endurance avec soin, car chaque esquive ou coup spécial puise dans cette jauge. J’ai adoré la sensation de progression : au début, je galérais, mais à force d’améliorer mon attaque et mon endurance via la monnaie du jeu (clin d’œil aux billes de Pac-Man), je me suis senti devenir une vraie machine. Les boss, eux, sont de véritables tests de compétence. Mention spéciale à un adversaire qui contrôle le terrain d’un regard menaçant, vous défiant d’attaquer pour mieux contrer.

Mais tout n’est pas rose. Les points de sauvegarde sont parfois trop espacés, ce qui rend les échecs frustrant, surtout quand on court après un objet qui ne vaut pas toujours l’effort. Les checkpoints intermédiaires permettent de repartir sans perdre de progression, mais ils ne rechargent pas vos précieuses charges de soin. Résultat : on se retrouve souvent à jouer prudemment, en économisant chaque ressource. Cette tension est à double tranchant : elle rend chaque rencontre intéressante, mais peut aussi agacer quand on doit refaire un long trajet après une mort stupide (oui, j’assume). Et puis, il y a cette raideur dans les contrôles. Les mouvements de Numéro 8 manquent parfois de fluidité, surtout quand on veut enchaîner un combo, une compétence spéciale et une esquive. J’ai souvent pris des coups en essayant de réaliser une action trop vite, ce qui m’a forcé à ralentir et à jouer de manière plus méthodique.

Là où Shadow Labyrinth excelle, c’est dans son hommage à Pac-Man. Les moments où l’on contrôle Puck directement sont un régal. En touchant des rails appelés D-Lines, Numéro 8 et Puck fusionnent en une petite sphère qui file à toute vitesse, un peu comme dans un niveau d’arcade. Ces sections rappellent Pac-Man Championship Edition, avec des défis de score où il faut ramasser des lignes d’Ora, rendre les fantômes vulnérables, et parfois affronter un boss spectral géant. Ces MAZES, comme le jeu les appelle, sont des bouffées d’air frais, rapides et exigeantes, qui contrastent avec le rythme plus lent du Metroidvania. J’ai passé des heures à essayer de battre les scores maximums, même si je n’ai jamais décroché toutes les récompenses.

La transformation en Gaia, elle, est un autre clin d’œil savoureux. En dévorant les ennemis vaincus, Puck collecte des matériaux pour acheter des améliorations ou des perks, qui boostent vos capacités ou facilitent l’exploration. Ce système est addictif, mais l’animation de dévoration devient vite répétitive, surtout quand on a déjà assez de ressources. Et si Gaia est jouissive à utiliser contre les boss, elle rend les premiers affrontements un peu trop faciles. Heureusement, les combats de fin de jeu demandent plus de stratégie, et Gaia devient un atout à utiliser avec parcimonie.

Visuellement, Shadow Labyrinth m’a impressionné par moments. Les environnements, des déserts arides aux laboratoires métalliques en passant par des forêts luxuriantes, sont riches en détails et dégagent une ambiance désolée qui colle parfaitement à l’histoire. Le style graphique, qui rappelle les jeux de Vanillaware, mise sur des couleurs contrastées et des designs lisibles, même en pleine action. Sur PS5, le jeu tourne sans accroc, avec un framerate stable et aucun bug notable. Cela dit, certains décors paraissent un peu flous, et les transitions entre écrans peuvent être saccadées.

Côté son, l’ambiance est au rendez-vous. La musique, discrète mais pesante, renforce cette sensation d’oppression, surtout dans les premières heures. Les effets sonores, comme le “waka-waka” revisité quand Puck dévore un ennemi, sont un clin d’œil malin qui ne brise jamais l’immersion. Les boss, eux, bénéficient de thèmes musicaux dynamiques qui donnent envie de les réécouter en boucle. Si je devais chipoter, je dirais que certaines pistes manquent de punch, mais dans l’ensemble, l’audio fait le job.

Shadow Labyrinth n’est pas le Metroidvania le plus abouti du genre – des titres comme Metroid Dread ou Hollow Knight restent un cran au-dessus en termes de fluidité et de polish. Mais ce jeu a une âme, une audace qui le rend unique. En mélangeant l’héritage de Pac-Man avec un univers de science-fiction oppressant, Bandai Namco livre une expérience qui m’a surpris, parfois frustré, mais toujours tenu en haleine.

Shadow Labyrinth


SupportsPs5, Xbox Series, Switch, Switch 2
GenreAction Plateforme
Date de sortie18 juillet 2025
ÉditeurBandai Namco
DéveloppeurBandai Namco
MultiNon


  • Une réinvention de Pac-Man qui respecte ses racines tout en explorant un univers sombre et riche.
  • Une progression satisfaisante, avec des combats qui gagnent en profondeur au fil des upgrades.
  • Des environnements variés et une direction artistique qui accroche l’œil.
  • Des contrôles parfois raides, qui manquent de fluidité dans les enchaînements.
  • Des points de sauvegarde trop espacés, rendant certaines sections frustrantes.
  • Une narration qui repose trop sur des documents textuels, au détriment de moments marquants in-game.
  • Une transformation en Gaia un peu trop puissante en début de jeu, déséquilibrant certains combats.

Shadow Labyrinth

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous aimez explorer des mondes labyrinthiques, relever des défis méthodiques et découvrir des clins d’œil bien pensés, ce jeu vaut le détour. Pour les fans de Pac-Man, c’est une réinvention qui fait honneur à l’icône. Pour les amateurs de Metroidvanias, c’est une aventure qui mérite qu’on s’y perde, même si elle ne révolutionne pas le genre.

4
Close

NEXT STORY

Close

Finding Frankie vous présente son équipe mortelle pour une sortie au printemps

13/03/2025
Close