Quand j’ai vu passer Blazing Trail sur ma console, je me suis dis que ça serait une occasion de retrouver des sensatsions de l’arcade d’antan, modernisée par quelques décennies de progrès vidéoludique. Spoiler : je suis ressorti du jeu avec un mélange de nostalgie frustrée et de déception. Blazing Trail semble vouloir rendre hommage aux classiques des années 80, se prend les pieds dans le tapis sur ses propres ambitions, comme une jeep maladroite coincée dans le fossé.

Une virée rétro, mais à quel prix ?

Blazing Trail pose rapidement son ambiance : un mélange de couleurs vives et de graphismes qui évoquent les jeux NES de type Commando, mais avec une touche moderne. On prend les commandes d’un véhicule – disons une jeep, même si le jeu ne le précise jamais vraiment – pour traverser des bases militaires remplies d’ennemis, de prisonniers à libérer et de dangers environnementaux. On roule, on tire, on sauve des otages, le tout dans un chaos organisé. Mais Blazing Trail opte pour une approche… disons, laborieuse. La caméra isométrique, assez rapprochée, change la donne. On voit mieux les détails des environnements – les fleurs sauvages, les caisses destructibles, les explosions colorées – mais cette proximité rend chaque mouvement plus pesant, comme si on conduisait un tank avec des pneus à moitié dégonflés.

Le gameplay repose sur une boucle simple : avancer, tirer, esquiver, répéter. On navigue à travers des niveaux linéaires, affrontant des ennemis fixes – fantassins, hélicoptères, véhicules blindés – tout en évitant des mines et des projectiles. Les prisonniers à sauver, disséminés sur la carte, ajoutent l’objectif secondaire qui donne un peu de corps à l’expérience. Mais dès qu’on appuie sur l’accélérateur, les problèmes arrivent. Les contrôles, censés évoquer le charme des jeux NES, capturent surtout leurs défauts. Même avec un stick analogique, la jeep répond avec une lourdeur exaspérante, comme si elle luttait contre une tempête de boue invisible. Tenter de naviguer dans des passages étroits ou d’esquiver des tirs devient un exercice de patience, surtout quand le jeu vous force à bouger dans une direction précise, comme lors du premier boss, où viser en diagonale tout en allant à droite relève du cauchemar.

Pour pimenter l’action, Blazing Trail propose un arsenal varié dès le départ : mitrailleuse, roquettes, laser, mines. Sur le papier, ça sonne prometteur. Les roquettes et la mitrailleuse, avec leur munition infinie, vous encouragent à garder le doigt sur la gâchette, un peu comme dans un Vampire Survivors où l’attaque automatique devient une seconde nature. Le laser, quant à lui, se distingue par sa puissance et sa portée, mais il demande un temps de recharge qui impose un minimum de stratégie. Des power-ups, comme un tir en éventail pour le laser ou une amélioration de vitesse, viennent ponctuer les niveaux, offrant des moments où l’on se sent enfin puissant.

Mais là encore, l’exécution dérape. La mitrailleuse, par exemple, ne tire que vers le haut, quelle que soit l’orientation de votre véhicule. Pourquoi ? Mystère. Les roquettes et le laser suivent la direction de la jeep, mais leur maniement manque de précision, surtout quand on doit slalomer entre des ennemis qui, eux, n’ont aucun mal à vous aligner. Les mines, que vous pouvez poser, sont situationnelles et souvent inutiles face à la plupart des adversaires. Résultat : on se rabat presque exclusivement sur le laser, qui domine par sa fiabilité. Ce déséquilibre rend l’arsenal moins intéressant qu’il n’y paraît, et on regrette l’absence d’un système plus fluide, comme des contrôles de type tank où l’on pourrait viser indépendamment du mouvement.

Par contre, visuellement, Blazing Trail fait le job. Les environnements, bien que simples, alternent entre des bases militaires, des zones boisées et des ponts suspendus, avec une palette de couleurs qui rappelle les jeux rétro tout en restant agréable à l’œil. Les animations, comme les explosions ou les hélicoptères qui surgissent pour une attaque surprise, ajoutent du dynamisme. Et puis, il y a la musique. Je dois tirer mon chapeau aux compositeurs : la bande-son boucle sans jamais devenir agaçante, un exploit pour un jeu qui vous garde parfois coincé dans un niveau pendant de longues minutes. Elle propose des mélodies qui vous poussent à avancer… même quand tout le reste vous donne envie de poser la manette.

Les hitboxes des ennemis et des projectiles sont précises, mais certains tirs se fondent dans le décor, surtout quand des buissons ou des arbres passent au premier plan. Ce n’est pas un bug, mais un choix de design qui sent le rétro à plein nez – et pas dans le bon sens. Les mines, en particulier, sont une plaie : elles n’apparaissent qu’au dernier moment, vous forçant à avancer au ralenti pour éviter une mort instantanée. Et ne parlons pas des collisions avec les ennemis. Se faire coincer contre un mur par un véhicule adverse, qui vous inflige des dégâts en chaîne jusqu’à l’explosion, est l’une des expériences les plus frustrantes du jeu. On dirait un écho des pires moments des jeux NES, avec ses morts arbitraires.

Mais faut avouer que l’un des points forts de Blazing Trail, c’est son mode coopératif. Prendre la route avec un ami ou ses enfants, chacun dans sa jeep, ajoute un peu de chaos jubilatoire. On se chamaille pour ramasser les power-ups, on se cogne maladroitement l’un contre l’autre, et on rigole en essayant de comprendre qui est qui à l’écran – les barres de vie en haut ne sont pas toujours claires. Le mode coop rend les défauts du jeu plus tolérables, car on partage la frustration. Les niveaux deviennent un terrain de jeu où l’on se couvre mutuellement (ou pas), et les moments où l’on parvient à synchroniser ses tirs pour abattre un hélicoptère ou libérer un prisonnier donnent un vrai sentiment de camaraderie, qui tiennent parfois du miracle.

Cela dit, même en coop, les problèmes de contrôles et de design persistent. Les collisions entre joueurs peuvent devenir un handicap, surtout dans les passages étroits, et l’absence de tirs amis ne compense pas le sentiment de bordel. Le jeu propose aussi un mode PvP, où l’on s’affronte dans des arènes en posant des mines ou en se canardant. C’est amusant cinq minutes, mais l’idée s’essouffle vite. On sent que les développeurs ont voulu diversifier un peu leur jeu, mais ces modes annexes semblent presque anecdotiques, comme une idée ajoutée à la dernière minute.

Alors, pourquoi continuer à jouer à Blazing Trail malgré ses défauts ? Pour les amateurs de rétro, il y a un charme indéniable dans cette tentative de recapturer l’essence des jeux d’arcade. Les moments où tout s’aligne – un power-up bien placé, une série d’ennemis abattus sans accroc, la musique qui pulse – rappellent pourquoi on aimait tant ces jeux à l’époque. Mais ces instants sont trop rares. Le jeu nous force à jouer prudemment, à avancer au pas pour éviter les mines ou les tirs surprises, ce qui va à l’encontre de l’énergie que ce genre de jeu veut offrir. Le prix n’est certes pas exorbitant, mais il ne justifie pas une expérience qui semble inachevée.

Blazing Trail


SupportsPC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series, Switch
GenreAction
Date de sortie21 janvier 2025
Éditeureastasiasoft
DéveloppeurGamenergy studio
MultiOui


  • Une esthétique rétro-modernisée qui plaît aux yeux.
  • Une bande-son entraînante qui boucle sans lasser.
  • Le mode coop, qui apporte du fun malgré les défauts.
  • Un arsenal varié, avec un laser qui sort du lot.
  • Des contrôles lourds et maladroits, même avec un stick analogique.
  • Une mitrailleuse limitée à une seule direction, sans raison apparente.
  • Des mines et des collisions qui rendent l’expérience punitive.
  • Un rythme qui oscille entre action et prudence forcée.

Blazing Trail

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Blazing Trail avait tout pour plaire sur le papier : une vibe rétro, une coop amusante et une volonté de moderniser un classique. Mais ses contrôles bancals, ses mécaniques inégales et son rythme frustrant le font déraper. Pour nous, les fans de jeux d’arcade nerveux, c’est une déception qui ne tient pas la comparaison avec ses aînés. Si vous cherchez une dose de nostalgie, mieux vaut relancer un émulateur NES.

2.5
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